Mise au point

22 juillet 2019 § Poster un commentaire

J’ai longtemps hésité à écrire ce message, mais j’en ai besoin, et il explique pourquoi je serai moins productive dans les semaines à venir.

J’ai partagé ici il y a peu ma joie d’aller déposer (tous) mes travaux dans un « centre d’art contemporain », et n’en ai jamais fait le retour ou la promotion. La raison est simple tout autant que désastreuse.

J’ai été bernée, tout simplement, enjôlée par un discours bien ficelé qui a su me prendre par mon besoin de légitimité artistique, qui a su me faire croire à l’intérêt de mon travail.

Il ne s’agit pas d’escroquerie véritablement, puisque j’ai pu récupérer intacts tous les travaux que j’avais confiés, mais plus d’un abus de confiance. Je n’intenterai rien contre la personne; d’une part, elle m’a ruinée et les procédures sont coûteuses, d’autre part, je ressors traumatisée de cette expérience et souhaite la laisser derrière moi.

Quels sont les mobiles de cette mascarade, puisqu’il ne s’agit pas d’escroquerie? J’avoue être perplexe mais avoir compris (dès le dépôt des travaux, d’ailleurs, sans vouloir écouter cette petite voix intérieure) que la personne n’est pas véritablement ancrée dans la réalité, en quelque sorte, elle joue à la marchande. Ce qui est si mignon à 6 ans devient pathétique à 40, mais, surtout, les conséquences sont dramatiques pour moi et il semble que cette personne agit sans se soucier jamais des conséquences de ses actes sur les autres. Son « centre d’art » n’a même pas d’existence légale, aucun enregistrement nulle part (je frémis a posteriori à l’idée d’un incident le temps qu’elle avait mes travaux, forcément non assurés, les assureurs n’assurent pas ce qui n’existe pas). Elle se décrétait « médiatrice en art » mais ignorait jusqu’aux plus élémentaires droits d’auteur …

J’ai donc dépensé tous mes faibles revenus (et une bonne dose d’énergie) dans ce rien, 3000 km de trajet (autoroutes, péages …), 3 nuits d’hébergement, autant de repas pris à l’extérieur … Si l’énergie revient, mon argent reste envolé, et, sans lui, je ne peux plus créer, je n’ai plus les moyens d’encadrer mes travaux, je n’ai plus les moyens de renouveler mes matières, je n’ai plus les moyens de payer des abonnements sur des sites de promotion ou de participer à des salons ou expos …

Les conséquences sont réellement difficiles pour moi, mais j’ai appris beaucoup de cette catastrophe, notamment que les licornes n’existent pas (ni les sirènes, d’ailleurs).

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